Gustavo Ott

6 décembre 2018

Non classé

Voici une autre pièce de Gustavo Ott, toujours aussi originale et intrigante : Deux amours et une petite bête. Apparaissent dans cette pièce un orang-outan, des zèbres, des pingouins, une hyène, des lézards et leurs quatre-vingt dents, un poodle-yorkshire, des tigres et un rhinocéros. “Le tribunal a condamné Pablo Estefano pour conduite incorrecte et cruauté envers les animaux. Estefano fut accusé d’avoir frappé son chien à mort parce qu’il pensait que ledit chien, un poodle-yorshire terrier âgé de cinq ans et répondant au nom de Général, était homosexuel.

KAREN: Pourquoi as-tu tué ton chien à coup de pieds il y a quinze ans ?

PABLO : Parce qu’il était homosexuel. En tout cas, c’est comme ça qu’il se comportait avec ton chien.

KAREN : Tu as tué ce chien parce, peut-être, qu’un réalité c’est moi que tu voulais tuer.

PABLO : Les loups, les coyotes, les hyènes, tous sont en réalité des chiens sauvages et malfaisants. Il n’y a pas de moyen pour empêcher qu’un chien se comporte comme ce qu’il est : une bête.

KAREN : Les hommes comme toi rêvent de tuer leurs femmes.

PABLO : Tu ne serais pas allée voir un psychiatre, toi ? Pour lui raconter tout ça ?

KAREN : Non, mais ce ne serait pas une mauvaise idée.

PABLO : Tu couches avec un psychiatre, hein ?

KAREN : Laisse-moi.

PABLO : Et au lieu de demander le divorce ou de disparaître ou d’arrêter de t’aimer, ma meilleur option serait de te tuer. Et comme je ne pouvais pas, alors j’ai tué le chien. Tu crois vraiment que tout est aussi simple que ça ? Franchement ?

KAREN : C’est très possible.

PABLO : Quel bouquin es-tu en train de lire ?

KAREN : Ca fait des années que je n’ai pas lu un livre.

PABLO : Voyons les choses dans l’autre sens. Il se pourrait que tu aies vu la possibilité de te séparer de moi en prenant prétexte d’une histoire d’il y a quinze ans. Pour que tu puisses aller avec quelqu’un d’autre ou être seule, il fallait que ce soit de ma faute, que je sois un monstre.

KAREN : Je n’ai pas dit que tu étais un monstre.

PABLO : Mais je le suis.

KAREN : Pourquoi ?

PABLO : Parce que j’ai fait ce que j’ai fait et que je suis en train de faire ce que je suis en train de faire ?

KAREN : Et qu’est-ce que tu fais ?

PABLO : Je rugis !

KAREN : Avant tu n’étais pas comme ça.

PABLO : Avant je ne savais pas ce que je disais.

KAREN : Avant j’étais amoureuse de toi.

PABLO : Moi aussi, j’étais amoureux de toi. Et qu’est-ce qu’il s’est passé ?

KAREN : Tu es mort.

PABLO : Je ne suis pas mort, Karen.

KAREN : Non,

PABLO : Non !

KAREN : Alors, comment se fait-il que je ne te reconnais plus ?

PABLO : Je n’ai pas changé.

KAREN : Tu ressembles tellement à un autre.

PABLO : Je ne suis pas un autre.

KAREN : Pour moi, tu n’es plus qu’un fantôme, une pâle copie de ce que tu as été.

PABLO : Et c’est pour ça que tu me quittes ? Qui c’est ?

KAREN : Qui ?

PABLO : Celui avec qui tu couches.

KAREN : Mais moi je ne…

PABLO : Ah oui ? Et le gars là-bas qui nous regarde ?

dos-amores-brasil-monohttps://www.youtube.com/watch?v=-pMr1FBdVXE

 

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